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Echantée, et toi?

  • : Elle a le dos bien droit par des clous de titane, et des douleurs si froides que parfois elle s'y crame. Elle a du tull' cerise comme la gaze en sang, et le coeur dans la mouise et l'estomac branlant. Elle a l'ventre troué du complexe d'Oedipe, car ni frère ni père c'en est fini des types. Elle a un' Lyre au corps mais plus d'Inspiration, et des délires forts mais trop peu de Raison. Et la nuit elle s'éreinte quand elle voudrait dormir, car ses bobos qui suintent la forcent à écrire.

Au jour d'aujourd'hui

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Ecritoire

Mardi 20 mai 2008


Il faut qu'un livre me passionne, me déraisonne, ou même m'empoisonne.Il faut que je l'aie aux veines comme l'on peut aimer une personne. C'est la condition sine qua non...
Il faut qu'un livre me prenne, m'entraine pour que je l'aime. Il faut que je m'en éprenne, étonnamment, qu'il m'imprègne, amoureusement. Pour que j'adore un livre il faut que tout me semble fade et vide en dehors, la vie y compris. Il faut que chaque page me traverse, me transperce. Il faut que je coule des larmes comme du vieux fromage, à fermenter comme un camembert vague dans sa boîte à laitages. Il faut que ça me gratte la croûte, que ça me creuse à la déroute; que ma carapace éclate, s'écroule. Il faut que je m'égoutte comme la faisselle ou j'en crie et rie sans doute autant que quand on clipe les aisselles, pour des soupirs aux poils où ça transpire.
Voilà c'est ça : Faut qu'ça me bouleverse pour qu'ça m'attire.
Par K.
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Mardi 22 avril 2008

J'ai avalé un crapaud. J'suis tombée amoureuse, j'ai tombé la couronne, j'suis trop conne. J'ai été une reine et c'est finalement pour ma déveine. J'ai avalé un crapaud, c'est pas digeste, c'est pas la fête. Avec mes cuisses de grenouille j'galope comme une gazelle, loin de lui, pour plus qu'on se prenne la tête, c'est fini. J'ferme la porte et je me jette, à l'eau (pas par la fenêtre); j'jette mon coeur au marais, au mari. Dans la mare de notre malheur. J'tourne le dos, j'retrousse mes talons bouseux. C'est fini il le faut, pour mon bien, pour de bon. C'est fini, j'croasse une dernière fois, en ta direction, dans la vase de notre idylle sans nom. C'est fini. J'ai avalé un crapaud. Ca me reste aux tripes et j'pense que ça mettra longtemps à sortir. Dans mon estomac je crois que je l'entends encore qui respire. J'm'estomaque de ma décision mais c'est la meilleure en même temps que la pire.
J'ai avalé un crapaud et y a encore des os qui craquent, sous sa peau. Encore d'ses baisers d'prince charmant qui remontent comme des rots. Mais c''est fini. C'est fini?
J'ai avalé un crapaud
, que les enzymes fassent leur boulot.

Par K.
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Dimanche 13 avril 2008
J'me suis pas laissé le temps de le délaisser, de le détester. J'me suis pas laissé le temps de m'en délester, de m'en détacher. J'ai pas laissé le temps à la cicatrice, aucune cautérisation active; en fait depuis septembre j'me ballade avec une plaie béante. Je me suis pas laissé le temps d'harmoniser les angles, j'étais anesthésiée, exsangue en fait, j'étais sous morphine, inconsciente dans ma tête, j'ai juste mis un coup de biafine à mon coup de silex et j'ai cru que ç'allait passer, que c'était juste un EX. J'ai pas laissé le temps de créer une tombe à notre nom, pas laissé ériger un temple à notre passion. J'me suis pas laissé le temps de vouer un culte terrible à son souvenir, pas laissé même attendre ne serait-ce que le dernier soupir. J'me suis même pas laissé crever que je voulais déjà m'réincarner.




Image by
James Rosenquist



Pas laissé le temps, pas laissé le temps,

et toute rupture sera une torture en attendant.


Par K.
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Vendredi 11 avril 2008
J'ai acheté un somptueux déshabillé, mais p't-être que d'ici-là, me mettre sa queue, me piloner, il voudra même pas. Même après notre super soirée au restaurant, même en commémoration, pour fêter nos un an. J'ai voulu préparer un cadeau, tout petit, mais ça faisait peut-être un peu trop je me suis dit. Ca faisait peut-être fille docile qui se plie, à Lui. Ca faisait peut-être 'je ferai tous les efforts du monde, pour te remettre dans ma ronde', ça faisait hypocrite de base qui ferait des sourires de Joconde juste pour qu'il retombe..dans ses bras. Et même je crois malgré mes baisers, même avec mes doigts bien placés, y a rien à faire pour le récupérer; j'serre le cul, mes dents acérées, même à le prier, à le supplier,  y a rien à faire pour le récupérer. Et les plus beaux sous-vêtements n'y feront rien, ni même mes plus chauds coups de reins. Même le prendre comme un lapin. Pas la peine de penser à le remettre dans mon terrier, mon Terrien préféré ne sera même plus là demain. J'ai voulu être gentille mon Amour mais je vois bien qu'il est trop tard, je vois bien jour après jour l'amour qui file de ton regard. Et l'échéance que tu retardes, les horloges que l'on se démonte au hasard. J'vois bien que c'est une question d'heure et que même t'offrir mon coeur sur un plateau d'argent dans le plumard c'est même plus bandant, c'est même plus le panard. Et toi tu sais que tu me mets dans la panade, que tu vas m'canarder sans plus d'attente. Et transformer notre si belle romance en vulgaire nanar. Et même si je veux pas, à quoi bon?, notre trépas ne sera là que le second.. Et même si je résiste, si ça m'attriste, même si j'te subsiste à la matrice, MEME, même si j'prends racine, à quoi ça sert que je persiste? Puisque même si ça me tue tu me méprises de plus en plus, puisque même si ça me frustre tu m'aimes plus depuis des lustres...
Par K.
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