Mercredi 7 mai 2008
OUI, j'en deviens mythomane casi.
OUI, kleptomane aussi.
OUI, j'peux pleurer des hectolitres, devenir une terre aride.
Quand on me quitte qu'on me trompe qu'on me trahie..
Quand on me piétine et qu'on se met mon ventre sur la tête pour en faire un postiche.
Quand on me ment, qu'on tapine, qu'on me triche.
Quand on me met en friches comme une vieille bâtisse.
OUI, je peux devenir excessive.
OUI...
Est-ce que je peux mourir...?
Il avait passé la nuit à dire non, Julia, non à ses questions obsessionnelles assoiffées d'un oui, un seul oui du bout des lèvres, un oui miraculeux sur la plaie qui s'infectait... NON, Julia, je ne t'ai jamais trompée - pas d'Anne-Marie, pas de mensonges, pas de petits coups tirés à la sauvette avec des pouffes, CA TOMBE ENCEINTES CES BETES-LA, pas de fellations au parking avec la femme du meilleur copain, pas de rancards téléphoniques avec une poulette en chaleur qui n'a pas peur des mots, pas d'escapades à l'hôtel entre cinq et sept, pas d'ablutions coquines avant de rentrer à la maison, le poil sec et la peau savonnée (un minimum), pas de sorties furtives et de peurs paniques de croiser un regard familier, QU'EST-CE QUE TU VAS IMAGINER JULIA, pas de fantasmes honteux, non, toi seule JULIA, TA CHAIR, TES BAISERS, TON AMOUR. Tu crois quoi? Que MOI, ton mari, j'irais mettre la main dans la culotte d'une fille qui ne serait pas TOI? Et qu'en plus j'y prendrais plaisir? Et qu'elle s'appellerait Anne-Marie, cette petite catin? On n'est pas des CHIENS (pauvres bêtes, enfoirés d'humains) ! Et qu'en douce j'irais m'acheter un nokia 3410 ultra-plat pour communiquer avec elle au mois d'août et lui faire des cochonneries à distance? Ah! tu me blesses, Julia, si je m'y attendais, moi qui connais ta peau comme la mienne, et ton corps comme le mien, je t'ai vue belle, fatiguée, malade, je t'ai soignée, ça n'arrange rien. Dis tout de suite que je ne te désire plus? Oh, Julia, c'est pas une belle érection, ça? Elle est pour toi, ma grande, pour toi seule, en échange fous-moi la paix.