Echantée, et toi?

  • : Elle a le dos bien droit par des clous de titane, et des douleurs si froides que parfois elle s'y crame. Elle a du tull' cerise comme la gaze en sang, et le coeur dans la mouise et l'estomac branlant. Elle a l'ventre troué du complexe d'Oedipe, car ni frère ni père c'en est fini des types. Elle a un' Lyre au corps mais plus d'Inspiration, et des délires forts mais trop peu de Raison. Et la nuit elle s'éreinte quand elle voudrait dormir, car ses bobos qui suintent la forcent à écrire.

Au jour d'aujourd'hui

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Dimanche 13 avril 2008
J'me suis pas laissé le temps de le délaisser, de le détester. J'me suis pas laissé le temps de m'en délester, de m'en détacher. J'ai pas laissé le temps à la cicatrice, aucune cautérisation active; en fait depuis septembre j'me ballade avec une plaie béante. Je me suis pas laissé le temps d'harmoniser les angles, j'étais anesthésiée, exsangue en fait, j'étais sous morphine, inconsciente dans ma tête, j'ai juste mis un coup de biafine à mon coup de silex et j'ai cru que ç'allait passer, que c'était juste un EX. J'ai pas laissé le temps de créer une tombe à notre nom, pas laissé ériger un temple à notre passion. J'me suis pas laissé le temps de vouer un culte terrible à son souvenir, pas laissé même attendre ne serait-ce que le dernier soupir. J'me suis même pas laissé crever que je voulais déjà m'réincarner.




Image by
James Rosenquist



Pas laissé le temps, pas laissé le temps,

et toute rupture sera une torture en attendant.


Par K. - Publié dans : Ecritoire
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Samedi 12 avril 2008

Je flotte.
Tout est trop grand : les pantalons, les bottes, les sous-vêtements. Dans les cabines d'essayage j'ai honte de mon image. Taille 34, taille S, taille 1, rien ne convient. Plus la peine d'essayer ni tunique ni chemise. Plus la peine de chercher jupe à mon pli, ni chaussure à mon pied, puisque même eux sont trop fins pour la plupart des escarpins.

Je flotte. Tout est ample, et moi je décampe. Dans les magasins j'nage aux vêtements; pour la société j'nage à contre-courant. Pas dans les normes, pas les bonnes formes. Pas assez de kilos, pas assez d'épaules, la peau sur les os.

Et bientôt me faudra des bretelles pour soutenir mes strings ficelle.



Photo : Kate Moss
Par K. - Publié dans : Fuck in your face
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Vendredi 11 avril 2008
J'ai acheté un somptueux déshabillé, mais p't-être que d'ici-là, me mettre sa queue, me piloner, il voudra même pas. Même après notre super soirée au restaurant, même en commémoration, pour fêter nos un an. J'ai voulu préparer un cadeau, tout petit, mais ça faisait peut-être un peu trop je me suis dit. Ca faisait peut-être fille docile qui se plie, à Lui. Ca faisait peut-être 'je ferai tous les efforts du monde, pour te remettre dans ma ronde', ça faisait hypocrite de base qui ferait des sourires de Joconde juste pour qu'il retombe..dans ses bras. Et même je crois malgré mes baisers, même avec mes doigts bien placés, y a rien à faire pour le récupérer; j'serre le cul, mes dents acérées, même à le prier, à le supplier,  y a rien à faire pour le récupérer. Et les plus beaux sous-vêtements n'y feront rien, ni même mes plus chauds coups de reins. Même le prendre comme un lapin. Pas la peine de penser à le remettre dans mon terrier, mon Terrien préféré ne sera même plus là demain. J'ai voulu être gentille mon Amour mais je vois bien qu'il est trop tard, je vois bien jour après jour l'amour qui file de ton regard. Et l'échéance que tu retardes, les horloges que l'on se démonte au hasard. J'vois bien que c'est une question d'heure et que même t'offrir mon coeur sur un plateau d'argent dans le plumard c'est même plus bandant, c'est même plus le panard. Et toi tu sais que tu me mets dans la panade, que tu vas m'canarder sans plus d'attente. Et transformer notre si belle romance en vulgaire nanar. Et même si je veux pas, à quoi bon?, notre trépas ne sera là que le second.. Et même si je résiste, si ça m'attriste, même si j'te subsiste à la matrice, MEME, même si j'prends racine, à quoi ça sert que je persiste? Puisque même si ça me tue tu me méprises de plus en plus, puisque même si ça me frustre tu m'aimes plus depuis des lustres...
Par K. - Publié dans : Ecritoire
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