Mardi 20 mai 2008
Il faut qu'un livre me passionne, me déraisonne, ou même m'empoisonne.Il faut que je l'aie aux veines comme l'on peut aimer une personne. C'est la condition sine qua non...
Il faut qu'un livre me prenne, m'entraine pour que je l'aime. Il faut que je m'en éprenne, étonnamment, qu'il m'imprègne, amoureusement. Pour que j'adore un livre il faut que tout me semble fade et vide en dehors, la vie y compris. Il faut que chaque page me traverse, me transperce. Il faut que je coule des larmes comme du vieux fromage, à fermenter comme un camembert vague dans sa boîte à laitages. Il faut que ça me gratte la croûte, que ça me creuse à la déroute; que ma carapace éclate, s'écroule. Il faut que je m'égoutte comme la faisselle ou j'en crie et rie sans doute autant que quand on clipe les aisselles, pour des soupirs aux poils où ça transpire.
Voilà c'est ça : Faut qu'ça me bouleverse pour qu'ça m'attire.