Echantée, et toi?

  • : Elle a le dos bien droit par des clous de titane, et des douleurs si froides que parfois elle s'y crame. Elle a du tull' cerise comme la gaze en sang, et le coeur dans la mouise et l'estomac branlant. Elle a l'ventre troué du complexe d'Oedipe, car ni frère ni père c'en est fini des types. Elle a un' Lyre au corps mais plus d'Inspiration, et des délires forts mais trop peu de Raison. Et la nuit elle s'éreinte quand elle voudrait dormir, car ses bobos qui suintent la forcent à écrire.

Au jour d'aujourd'hui

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Téléphone arabe

Mardi 20 mai 2008


Il faut qu'un livre me passionne, me déraisonne, ou même m'empoisonne.Il faut que je l'aie aux veines comme l'on peut aimer une personne. C'est la condition sine qua non...
Il faut qu'un livre me prenne, m'entraine pour que je l'aime. Il faut que je m'en éprenne, étonnamment, qu'il m'imprègne, amoureusement. Pour que j'adore un livre il faut que tout me semble fade et vide en dehors, la vie y compris. Il faut que chaque page me traverse, me transperce. Il faut que je coule des larmes comme du vieux fromage, à fermenter comme un camembert vague dans sa boîte à laitages. Il faut que ça me gratte la croûte, que ça me creuse à la déroute; que ma carapace éclate, s'écroule. Il faut que je m'égoutte comme la faisselle ou j'en crie et rie sans doute autant que quand on clipe les aisselles, pour des soupirs aux poils où ça transpire.
Voilà c'est ça : Faut qu'ça me bouleverse pour qu'ça m'attire.
Par K. - Publié dans : Ecritoire
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Mercredi 7 mai 2008
OUI, j'ai des douleurs hystériques.
OUI, j'en deviens mythomane casi.
OUI, kleptomane aussi.
OUI, j'peux pleurer des hectolitres, devenir une terre aride.
Quand on me quitte qu'on me trompe qu'on me trahie..
Quand on me piétine et qu'on se met mon ventre sur la tête pour en faire un postiche.
Quand on me ment, qu'on tapine, qu'on me triche.
Quand on me met en friches comme une vieille bâtisse.
OUI, je peux devenir
excessive.
OUI...
Est-ce que je peux mourir...?

Il avait passé la nuit à dire non, Julia, non à ses questions obsessionnelles assoiffées d'un oui, un seul oui du bout des lèvres, un oui miraculeux sur la plaie qui s'infectait... NON, Julia, je ne t'ai jamais trompée - pas d'Anne-Marie, pas de mensonges, pas de petits coups tirés à la sauvette avec des pouffes, CA TOMBE ENCEINTES CES BETES-LA, pas de fellations au parking avec la femme du meilleur copain, pas de rancards téléphoniques avec une poulette en chaleur qui n'a pas peur des mots, pas d'escapades à l'hôtel entre cinq et sept, pas d'ablutions coquines avant de rentrer à la maison, le poil sec et la peau savonnée (un minimum), pas de sorties furtives et de peurs paniques de croiser un regard familier, QU'EST-CE QUE TU VAS IMAGINER JULIA, pas de fantasmes honteux, non, toi seule JULIA, TA CHAIR, TES BAISERS, TON AMOUR. Tu crois quoi? Que MOI, ton mari, j'irais mettre la main dans la culotte d'une fille qui ne serait pas TOI? Et qu'en plus j'y prendrais plaisir? Et qu'elle s'appellerait Anne-Marie, cette petite catin? On n'est pas des CHIENS (pauvres bêtes, enfoirés d'humains) ! Et qu'en douce j'irais m'acheter un nokia 3410 ultra-plat pour communiquer avec elle au mois d'août et lui faire des cochonneries à distance? Ah! tu me blesses, Julia, si je m'y attendais, moi qui connais ta peau comme la mienne, et ton corps comme le mien, je t'ai vue belle, fatiguée, malade, je t'ai soignée, ça n'arrange rien. Dis tout de suite que je ne te désire plus? Oh, Julia, c'est pas une belle érection, ça? Elle est pour toi, ma grande, pour toi seule, en échange fous-moi la paix.
Par K. - Publié dans : 'Auberge espagnole'
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Mardi 22 avril 2008

J'ai avalé un crapaud. J'suis tombée amoureuse, j'ai tombé la couronne, j'suis trop conne. J'ai été une reine et c'est finalement pour ma déveine. J'ai avalé un crapaud, c'est pas digeste, c'est pas la fête. Avec mes cuisses de grenouille j'galope comme une gazelle, loin de lui, pour plus qu'on se prenne la tête, c'est fini. J'ferme la porte et je me jette, à l'eau (pas par la fenêtre); j'jette mon coeur au marais, au mari. Dans la mare de notre malheur. J'tourne le dos, j'retrousse mes talons bouseux. C'est fini il le faut, pour mon bien, pour de bon. C'est fini, j'croasse une dernière fois, en ta direction, dans la vase de notre idylle sans nom. C'est fini. J'ai avalé un crapaud. Ca me reste aux tripes et j'pense que ça mettra longtemps à sortir. Dans mon estomac je crois que je l'entends encore qui respire. J'm'estomaque de ma décision mais c'est la meilleure en même temps que la pire.
J'ai avalé un crapaud et y a encore des os qui craquent, sous sa peau. Encore d'ses baisers d'prince charmant qui remontent comme des rots. Mais c''est fini. C'est fini?
J'ai avalé un crapaud
, que les enzymes fassent leur boulot.

Par K. - Publié dans : Ecritoire
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Samedi 19 avril 2008
Rentrer à 4 heures et demi à la main un hot dog et les pieds en compote. Avoir joué la bonne poire toute la soirée, à rien boire en plus, juste du jus d'orange pressé. Avoir joué à se faire écraser, à se faire crader. Sur mes collants satinelle rien que des traces de semelles. Dans mes talons X centimètres rien que des bouts de verre. Soirée hardcore en effet, tous à suer en corps à corps. Mais désolée c'est pas mon trip, en plus y a des Vikings avec des pieds 10 fois plus gros que mes escarpins, en plus y a Miguel Angel Munoz et y a même une conne qui m'écrase les métatarsiens, en plus y a un bouffon qui cherche la merde à mon Cousin.
J'ai du perdre 2 centimètres de talons à danser sans interruption, et j'suis rentrée m'endormir en seulement deux secondes. En oubliant l'usure de mes chaussures à cause de ces grosses putes. En oubliant que se faire laminer le pied par un gros chaussé de Buffalow, ça fait moins mal que d'se faire lapider les phalanges par une dérangée. Et rentrer en sang dans mes petits souliers.
Message pour la conne
: la prochaine fois que tu me fous un hématome, j'te le rends dans la cavité gingivale; non mais merde, j'y tiens moi à mes pompes! puis ça fait mal..

Par K. - Publié dans : Je vois la ville en rose
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